Croquis, l’exercice obligatoire d’un dessinateur

Séance de croquis

Les différentes raisons de faire du croquis

Le croquis est un exercice que j’ai toujours aimé pratiquer. Que ce soit étudiant en école d’Art, ou encore aujourd’hui en tant qu’illustrateur freelance.

Mais réaliser un croquis peut avoir différents objectifs.

  • Affiner son oeil et progresser en dessin
  • Capturer l’essentiel d’un sujet pour se documenter
  • Libérer son trait et trouver son style graphique
Croquis d'illustrateur

Si je m’en tiens à la définition donnée par Wikipedia, le croquis est un dessin qui tend vers une certaine simplicité, en ne retenant que l’essentiel d’un sujet. L’esquisse est souvent exécutée rapidement, à main levée, elle sera donc beaucoup moins appliquée qu’un dessin plus poussé ou une illustration.

La meilleure façon d’apprendre le dessin

J’ai passé 5 ans dans une école de dessin, inutile de vous dire que les profs nous recommandaient vivement le croquis. Je ne vois pas très bien comment vous pouvez vous améliorer en dessin sans une pratique régulière du croquis.
On a tous aperçu ces hordes d’étudiants en école d’Art, lâchés en liberté, le carnet à la main, un crayon dans l’autre, pour esquisser ce qui les entoure.
Ce n’est certainement pas pour les occuper et leur offrir un peu d’air pur.
Savoir observer puis retranscrire sur le papier ce qu’on voit, ça s’apprend. Et le croquis me semble le meilleur moyen d’y arriver.

Les roughs

Le rough est l’étape intermédiaire entre l’envoi d’un sujet par le client à l’illustrateur, et la validation du dessin.
Même si ce n’est pas toujours facile puisqu’il va falloir trouver des idées, c’est une étape que j’affectionne particulièrement.

Il faut dire que je suis un peu rodé à l’exercice, et heureusement beaucoup moins angoissé que je ne l’étais à mes début.

Je me souviens du Journal de Carrefour, mon premier travail régulier en tant que freelance. Je n’étais alors pas encore très sûr de la pertinence de mes idées. J’avais donc pris l’habitude d’envoyer à mon client, 6, 8, ou 10 roughs à chaque commande ! Jamais moins car c’était désormais devenu impossible, la D.A s’étant habituée à une telle densité de propositions !

Le rough se devrait d’être un vrai moment liberté. Sachant que durant cette étape, c’est normalement l’idée qui prime, et non le graphisme.

Pour Carrefour, mes croquis n’étaient pas si éloignés de mon style d’alors. Mais quand je suis passé au dessin vectoriel, les clients avaient parfois du mal à se contenter d’un dessin vite esquissé. Les ébauches créaient chez eux de la confusion. Dans ce cas, si c’était nécessaire, je passais mon ébauche sur illustrator pour en réaliser un version intermédiaire.

Rough avant illustration
Rough avant illustration

Ma séance quotidienne de croquis

C’est au moment où je me suis décidé à mettre le dessin vectoriel de côté, que je me suis imposé des séances de croquis régulières.
Mais le but n’est pas de retranscrire une idée. Encore moins un moyen d’améliorer mon niveau en dessin.
Il s’agit ici de trouver une écriture, un trait original qui me soit propre. Un peu comme quand on cherche sa signature. Ce n’est rarement du premier coup qu’on la trouve, mais bien le plus souvent après de nombreux essais.

Je dessine régulièrement ainsi, comme un musicien fait ses gammes. Il faut un petit moment pour que la main se détende, et que le trait devienne enfin intéressant. J’ai essayé sur l’iPad, et bien qu’étant un dingue de Procreate, pour cette étape bien précise, je n’arrive pas à me libérer totalement sur l’écran comme je peux le faire sur une feuille de papier.

Vous avez peut-être déjà entendu un illustrateur se plaindre de son dessin, en faisant le constat amer que son croquis était plus intéressant que son illustration finalisée. Ce n’est guère étonnant, un croquis offre une liberté qu’on a du mal à retrouver quand on cherche trop à s’appliquer. Le trait est souvent plus nerveux et donc plus vivant.

Alors autant profiter de ces rares instants de grâce !

Laisser un commentaire