Comment je réalise des dessins vectoriels sur Illustrator

Répondre à une commande de dessins vectoriels

Des dessins vectoriels, j’en ai beaucoup réalisés dans ma carrière d’illustrateur.
J’aime l’aspect graphique et régulier que le vectoriel permet d’obtenir. Et logiquement, en pratiquant les Courbes de Béziers depuis de nombreuses années, je suis devenu très familier du logiciel Illustrator. C’est donc un exercice sur lequel je me sens particulièrement à l’aise.
Je me suis aussi longtemps qualifié d’illustrateur de dessins vectoriels, il est donc normal que l’on fasse appel à moi pour ce type de commande.

Premier contact

Pour ce travail-ci, il s’agissait de confectionner 6 BD, sous la forme de strips composés de seulement 2 vignettes. Ces BD sont destinées à agrémenter le texte d’une plaquette institutionnelle pour EGIS.

En général ça commence par un premier mail pour s’assurer de ma disponibilité.
Il faut croire que tout le monde n’était pas encore en vacances, fuyant la canicule ou les fortes chaleurs de ces dernières semaines.

J’ai déjà eu l’occasion de travailler à mainte reprises avec cette agence en communication, je sais que ça se passe admirablement bien.
La description du travail à réaliser est toujours claire, il n’y a donc pas de mauvaises surprises ni de malentendus, ce qui malheureusement arrive avec d’autres. Comme par exemple quand le projet a mal été préparé et qu’on te laisse quand même travailler dessus, pour enfin qu’ils se rendent compte, un peu tardivement, que le projet ne fonctionne pas, et qu’il va falloir tout revoir. Et attendre le nouveau feu vert.
Ca c’est vraiment le cauchemar du freelance.
C’est tout l’inverse avec cette agence. Comme vous le voyez, le ton est très amical. Je peux donc travailler en toute sérénité !

La commande

Le PDF

Joint au mail, le PDF de la future plaquette, avec le texte plus ou moins mis en page, et l’emplacement réservé aux dessins vectoriels qui sont à réaliser.
Ca donne déjà un très bon aperçu de ce que sera le projet final, et du rôle des illustrations.

Les roughs

Roughs envoyés par l’agence

L’une des choses les plus agréables avec cette agence c’est la qualité des roughs envoyés. Autant vous le dire tout de suite, ça n’arrive pas si souvent ailleurs. Voire jamais. Vous en connaissez beaucoup des DA aujourd’hui qui ont une aussi bonne maitrise du dessin ?
De toute façon, c’est en général à l’illustrateur de mettre en image une idée ou un texte., car ça fait parti du job. Mais on ne va pas se mentir, c’est quand même très agréable quand on n’a pas à le faire. Ca veut dire gagner du temps, avec la possibilité de se lancer sans plus tarder.


Bon, j’avoue, j’aime bien garder l’étape où je m’approprie le travail. Je ne peux donc pas me passer de ma séance de croquis, principalement parce que mes personnages n’auront pas tout à fait la même allure. Il faut donc que j’adapte, ce qui me parait logique.

Une fois que c’est terminé, je peux enfin lancer Illustrator.

Dessins vectoriels sur Illustrator

C’est donc seulement à ce moment là que je me décide à ouvrir Illustrator.

En général, quand c’est moi qui réalise les roughs, il s’ensuit un certain nombre de mails, d’échanges avec le client, qui déboulent enfin sur le choix d’un dessin, celui qui leur semble le plus pertinent à illustrer. C’est seulement alors que je peux me mettre à travailler sur Illustrator.

J’avais bien sûr une taille des vignettes à respecter, mais mis à part ça, et c’est l’avantage du dessin vectoriel, je suis libre de travailler à n’importe quelle échelle. C’est seulement à la fin, quand je dois envoyer les fichiers EPS à mon client que je place mes images sur un document au bon format.

Faire des dessins vectoriel avec Illustrator
Interface Illustrator

J’aime bien bosser mes images sur un même document. Ca me permet d’avoir une vue d’ensemble sur les dessins à réaliser, et d’être du coup plus cohérent sur la totalité du projet.
A moins d’avoir un très grand nombre d’illustrations à exécuter, j’ai pour habitude de travailler la globalité du projet en même temps.
Il est vraiment très rare que je m’attelle à une image, puis à la seconde, puis à la troisième, et ainsi de suite.
Je préfère avancer ainsi. Certainement parce que j’ai la bête impression que ça prend forme plus rapidement devant mes yeux. Et ça c’est toujours meilleur pour le moral et la motivation.

Dessins vectoriels en mode fil de fer
Le mode fil de fer d’Illustrator

En BD, je commence toujours par y placer les bulles. Priorité au texte et à sa lisibilité. Après, je me débrouille pour y positionner mes personnages, avec la place qui m’est alloué.

La charte graphique et le respect des couleurs

Charte graphique des couleurs
Charte graphique des dessins vectoriels

Ce n’est pas toujours le cas mais j’avais cette fois-ci une contrainte à respecter, en l’occurence, celle de la charte graphique et des indications de couleurs.

J’ai pris la liberté de garder le rose du visage et des mains, pour la simple et bonne raison qu’il était difficile de s’en passer.

Dans un premier temps, j’ai préféré me consacrer uniquement au dessin, sans me soucier des couleurs à respecter, car je voulais surtout avancer dans mon dessin. Ca peut paraître secondaire, mais faire cohabiter les couleurs entre elles, ce n’est pas la partie la plus facile à mettre en place. On peut vite y perde du temps. J’ai donc préféré réserver cette étape à la toute fin.

Code couleur des dessins vectoriels
Sans respecter la charte graphique
Nouvelle version couleur de l'illustration
Adaptation des bonnes couleurs

BD en dessins vectoriels

Petit aperçu de mes vignettes finalisée. Je ne suis pas mécontent du résultat.
Les couleurs se marient bien entre elles. J’ai ajouté quelques éléments de décors qui pour autant ne brouillent pas la clarté de l’image.

Le texte est ajouté par le graphiste de l’agence, je n’ai donc pas ici à m’en préoccupé.

Strip BD de dessins vectoriels
Vignette BD
Dessins vectoriels en couleur
Strip BD pour Egis

Satisfaction du travail accompli

Comment souvent, il faut s’attendre à quelques retouches.
C’est normal ça fait parti du contrat.


Ici, pas de grosses modifs, seulement quelques expressions du visage à revoir. L’une qui n’exprimait pas ce que le texte insinuait, l’autre trop ou pas assez marquée.

Ou bien un élément de décors à changer ou à modifier.

C’est peut-être la chose la plus compliquée à doser dans ce genre de vignettes. Ne rien mettre en se contentant de l’essentiel, c’est à dire les personnages, avec le risque d’une image un peu pauvre.

Ou au contraire, à trop vouloir combler les vides pour remplir au maximum la vignette (les clients en sont friands), c’est se retrouver avec un dessin trop confus où plus aucun élément ne se détache du reste.
Bref, il faut donc apprendre à doser. Ni trop, ni pas assez.

Ca se termine par un gentil mail d’un client satisfait.

Encore une fois, ce n’est pas toujours ainsi.
Parfois tu attends un mail de retour, au moins pour avoir confirmation que le travail est bien terminé et validé par le client. Tu peux attendre longtemps .
Ca fait parti du job. Tu as fait ton taf, le client passe rapidement à autre chose. C’est compréhensible.

En tous cas, parfois tu as des clients très heureux !

Et ici, un aperçu du PDF envoyé au client de l’agence, afin que celui-ci valide l’ensemble du projet avant impression.

Les images vectorielles mises en situation dans le fascicule
PDF de la Plaquette
Aperçu des BD vectorielles dans la plaquette
La plaquette mise en page

9 Replies to “Comment je réalise des dessins vectoriels sur Illustrator”

  1. Hello,
    Je découvre ton blog, merci de partager ton process de création !
    Pour ma part à la base graphiste print, je suis en train de bosser sur un projet de motion design et pas évident pour moi de trouver un process de création adapté… j’ai tendance à mélanger les étapes et du coup me noyer dans un verre d’eau…

    1. Bonjour,
      En général tu bosses sur quels logiciels ?
      Tu veux dire que tu te perds parfois dans l’élaboration du projet ? C’est vrai qu’il y a une chose dont je me suis rendu compte c’est l’importance de la préparation des fichiers avant l’importation sur After Effects (Le motion tu le fais sur After ?). Mais finalement, c’est difficile d’anticiper les difficultés avant d’être confronté aux problèmes. Bien que ce soit extrêmement désagréable de se sentir parfois paumé (rassure toi il m’arrive de l’être aussi !), c’est souvent comme ça que j’ai compris pourquoi je devais réaliser tel fichier sur tel logiciel plutôt qu’un autre, pourquoi il faut plutôt importer « large » plutôt que petit, etc…
      Mais n’hésite pas à m’en dire davantage, ça m’intéresse. Je ne dis pas que je vais faire le boulot à ta place hein, mais je ne me rends pas toujours compte des difficultés rencontrées par chacun, ça me permettra ainsi de faire des articles plus adaptés parfois. Merci !

  2. je bosse en effet sur Illustrator + after effects pour ce projet. Le truc c’est que j’ai « trop de liberté »: je n’ai pas de rough très précis comme ton exemple ci-dessus, pas de charte couleurs, pas d’intentions graphiques, juste un scénario !

    Les principaux problèmes rencontrés :
    – Effectivement je me rends compte qu’il faut vraiment finaliser ses illustrations avant import sur after effects mais comme je débute sur After effects, difficile de savoir ce qui peut être facilement/rapidement animé (ce sont des personnages flat design dans un décor de bureau) et du coup comment décomposer mes calques.
    – J’ai du mal à créer une homogénéité entre les écrans et en voyant ton article je pense qu’il faut que je me limite à une plus petite palette de couleurs.
    – l’organisation des multiples calques et compositions sur After effects

    Bref c’est une nouvelle gynmastique intellectuelle de penser en « animé »…
    Des tutos sur l’utilisation des logiciels on en trouve à foison sur le net, en revanche peu de ressources sur le processus créatif et la manière de préparer/réfléchir les éléments en amont.

    1. Merci pour ton retour.
      Plutôt que de te donner des conseils, je vais simplement te décrire ma façon de procéder quand je dois réaliser une animation. Même si finalement, ça dépend du projet.
      Je gribouille un storyboard sur papier. Un truc un peu rapide. Juste pour avoir rapidement l’ensemble de l’animation devant les yeux. Si tu dois faire valider à un client, ça peut être une première étape. Mieux vaut refaire valider régulièrement plutôt que de s’embarquer dans quelque chose qui sera refuser.
      Mais à mon avis, un storyboard n’est pas suffisant pour vraiment se rendre compte si ça fonctionne ou pas. Il m’est arrivé de scanner mes vignettes, et de les « animer » sur After. Si tu as une voix off, une musique, ça prend tout de suite forme, c’est rassurant.
      L’étape suivante, ce sera peut être de travailler quelques images, pour faire valider le style de dessin. Et donc peut-être aussi les couleurs. Vouloir travailler les couleurs sur After, c’est possible, mais ça me semble être une mauvaise idée car tu risque de perdre beaucoup de temps.
      Ensuite, ce que je fais à chaque fois, c’est d’importer les premières éléments sur After, des choses assez simples, pas forcément terminés, pour proposer au client un « storyboard » animé bien plus poussé que le précédent.
      A ce stade, tu commences à organiser tes calques d’import sur After. Tu dois être déjà très bien organisé dans tes dossiers source. Et ne plus les déplacer. Car si par exemple tu importes sur After la tête d’un personnage, juste ébauché (un rond, 2 yeux, une bouche), et que par la suite tu améliores cette tête sur Illustrator, il te suffira de mettre à jour le fichier sur After.
      Ca permet donc d’avancer par étape. Car tu l’auras compris, ma hantise, c’est de faire fausse route. Je préfère donc procéder ainsi.
      Bon, je me rends compte qu’il y a beaucoup à dire, je m’arrête là pour le moment. Mais pour les calques sur After, tu peux également créer des dossiers. La même chose pour les compositions. Je crois qu’il ne faut pas avoir peur d’être maniaque et de tout bien ranger et nommer. Sinon on ne s’en sort pas.

  3. Bonjour ! Qu’est ce que c’est exactement le croquis en fil de fer ? Et à quoi sert-il ? Svp ☺️

    1. Bonjour Lucie
      Tu veux parler de l’affichage en tracé ? (Menu Affichage > Tracé. Cette affichage supprime les couleurs, les épaisseurs de traits, on ne voit donc que les traits qui s’affichent de manière identique. Ca permet parfois d’y voir plus clair dans son travail).
      C’est ça ou pas ? Si non, peux-tu m’en dire plus ?

  4. Il me semble que c’est bien ça, je parle de vos croquis où dessous c’est écrit « mode fil de fer illustrator » ☺️

    1. Ah mais oui !! 🙂
      Je ne me souvenais pas que je l’avais écrit.
      Donc oui, c’est bien en effet pour parfois avoir un oeil différent sur le dessin. Mais en général je l’affiche quelques secondes pour revenir en mode normal.
      Je reconnais que ce n’est pas le truc le plus essentiel.

  5. D’accord, merci pour votre réponse ! 😊

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